Résumé de la décision
La décision concerne le litige entre Mme A..., employée de vie scolaire, et l'établissement public local d'enseignement David d'Angers. Mme A... a été recrutée sous différents contrats aidés, dont un "contrat d'avenir" et un "contrat unique d'insertion". Après une requalification de son contrat en contrat à durée indéterminée par le conseil de prud'hommes, l'établissement a cessé de lui confier du travail et de la payer. Le juge des référés a estimé que le litige relevait de la compétence de la juridiction administrative, mais le Conseil d'État a renvoyé la question de compétence au Tribunal. La décision finale a établi que la juridiction de l'ordre judiciaire est compétente pour connaître du litige, annulant ainsi les décisions antérieures des juridictions administratives.
Arguments pertinents
1. Compétence de la juridiction judiciaire : La décision souligne que, en principe, les litiges relatifs aux contrats de travail de droit privé, même lorsque l'employeur est une personne publique, relèvent de la compétence de l'autorité judiciaire. Cela est fondé sur le fait que les contrats d'avenir et les contrats uniques d'insertion sont des contrats de travail de droit privé (Code du travail - Article L. 5134-41).
2. Requalification et conséquences : Le jugement du conseil de prud'hommes a requalifié le contrat de Mme A... en contrat à durée indéterminée, ce qui a transformé la rupture ultérieure en licenciement. Cependant, cette requalification n'a pas entraîné la poursuite d'une relation contractuelle au-delà du terme des contrats aidés, ce qui maintient la compétence du juge judiciaire pour tirer les conséquences de cette requalification.
3. Nullité des décisions administratives : La décision annule les ordonnances rendues par les juridictions administratives, affirmant que la procédure suivie devant ces juridictions est nulle, sauf celle devant le Conseil d'État, ce qui renforce la primauté de la compétence judiciaire dans ce cas.
Interprétations et citations légales
1. Contrats de travail de droit privé : La décision s'appuie sur les dispositions du Code du travail, notamment l'article L. 5134-41, qui stipule que le "contrat d'avenir" est un contrat de travail de droit privé à durée déterminée. Cela établit clairement que les litiges relatifs à ces contrats doivent être traités par la juridiction judiciaire.
2. Compétence en matière de requalification : La décision précise que le juge administratif est compétent pour des questions préjudicielles concernant la légalité des conventions entre l'État et l'employeur, mais que la requalification d'un contrat de travail, lorsqu'elle ne modifie pas la nature de la relation de travail, reste du ressort du juge judiciaire. Cela est illustré par la phrase : "le juge administratif est également seul compétent pour tirer les conséquences d'une éventuelle requalification d'un contrat".
3. Nullité des décisions administratives : La décision conclut que "la procédure suivie devant les juridictions de l'ordre administratif est déclarée nulle et non avenue", ce qui souligne l'importance de la compétence judiciaire dans les litiges liés aux contrats de travail de droit privé, même lorsque l'employeur est une personne publique.
En somme, cette décision réaffirme la compétence de la juridiction judiciaire pour les litiges liés aux contrats de travail de droit privé, tout en clarifiant les limites de la compétence des juridictions administratives dans ce contexte.